Tôt le matin. Il faisait frais.
Dans les vapeurs de pluies acides
Sur le bitume d'un arrêt
Sur les cités un jour fétide
S'est levé.
Qu'il était beau, ce matin-là !
Dans tout le gris des grands nuages
Vivantes bêtes volant bas
Le jour s'est frayé un passage
En secret.
Qu'il était tôt, ce matin-là !
Dans tout le gris des hautes barres
Morne tombe où sonne le glas
Le jour venait sans crier gare
Réveiller.
La terre givrée, comme morte,
A porté cet éclat nouveau
Et l'a poussé, de porte en porte,
Jusqu'à la frontière des eaux
Écumées.
Les routes strictes de la ville
Portaient déjà un long réseau
De voitures roulant en file
Jusques aux portes des bureaux
Enfermés.
Le ciel immense de l'aurore
Effilant ses bas de coton,
Se pare de pourpre et des ors
Des mille teintes des saisons
Allumées.
Le sein dénudé de l'aurore
Effilant ses bas cotonneux
Se pare d'avions au grand corps
Qui zèbrent violemment les cieux
Aveuglés.
Écoute, que dit le silence ?
Il raconte le bout du monde
Il parle de chants et de danses
Qu'il mêle ensemble dans sa ronde
Endiablée.
Écoute, que dit tout ce bruit ?
C'est un nœud de sons vides et creux
Il n'a pas de forme, c'est un cri
De peur et de gens malheureux
Qui veulent dormir.
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