Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 23:57
Comment dire l'océan que tu déverses en moi et qui m'emplit, ce flot qui grossit, et qui débordera, faute de pouvoir se dérouler dans des mots ? Tous les discours du monde ne seraient pas plus clairs que les larmes de l'enfant qui ne sait que pleurer. Prends moi plutôt contre toi, et là où la parole échoue, nos corps réussiront.
Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 18:32
Qui a dit que tout tournait rond chez Moimême ? En un mois, on a pu recenser quatre cadavres et deux malades de plus. Moimême en a déduit qu'il n'aurait plus d'escargots dans son bac amazonien, et qu'il s'installerait un bac hôpital, parce que rien ne va plus.
Enfin. voilà quand même de petites photos récentes à base de crevettes, principalement, et veuillez accueillir chaleureusement Luc le betta de ma soeur.

Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 20:33
Visiteurs, visiteuses, bonsoir.
  Voici un petit texte que je vous soumets, qui n'était pas censé mener quelque part au départ, mais juste multiplier les allitérations ; j'ose croire que c'est chose faite.

La manutention par menue torsion de chapeaux melons mignons mentionne à foison moisson de toisons, cratères au menton, au front ; critères déprimants, trajets de métros, artères grossissant, crapules amaigrissantes et courges très tranquilles, tel traintrain mené par tout citadin aigri, racorni, tournicotant dans son trou, trainant tête farcie sur l'asphalte.
Tassé sous son siège sans sourciller du tout, un gros toutou baveux s'use à s'ennuyer tant. Son maitre si sensible tripote un sifflet et commence à tousser. Sa main tressaillante tapote la tête de son triste et trainant mâtin. Ce geste si preste, si plein de tendresse, émeut l'animal aux larmes faciles. Il glapit doucement en léchant les caresses, soudain se redresse et souffle son amour, ses flancs affaissés, ses yeux doux posés sur ceux de son dieu. Mais le dit dieu, abonné aux déca de quatre heures, ne continue pas les tapons débonnaires, et debout, d'un pas décidé, déambule dans le dortoir d'automne déserté maintenant, déballe deux euros qui cliquètent dans la fente, tape un coup de pied dur à la carlingue déglinguée du distributeur déguingandé, écope son costume et déguste son double. Deux délinquants tapis observent. Soudain ils bondissent, rebondissent, déboulent dans le dos du bonhomme, qui dédaigne de boire et dégaine sa pétoire. Il tire une pétarade, terrasse les terreurs toutes ratatinées, mortes et enterrées. Puis le silence glisse sur la saignante scène, salue sans s'évanouir et s'installe jusqu'aux sous sols. Le policier lisse sa moustache, serre son arme dans ses doigts, danse et boit, sans desserrer ses dents. Puis il s'en va, suivi de son chien trottinant tranquille, habitué et depuis longtemps sourd.



Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 10:11
Me voici de retour, enfin ! Vous dites-vous peut-être en vos nobles têtes ; eh oui, les semaines sont pleines, ces temps-ci ! Et quand l'ordinateur se met en grève, il ne me reste guère d'autre choix qu'attendre....
Mais me voici d'humeur à vous montrer un poème.



Tôt le matin. Il faisait froid.
Dans le brouillard au doigts humides
Dans l'herbe tendre sous les pas
Sur la colline un jour timide
S'est levé.

Tôt le matin. Il faisait frais.
Dans les vapeurs de pluies acides
Sur le bitume d'un arrêt
Sur les cités un jour fétide
S'est levé.

Qu'il était beau, ce matin-là !
Dans tout le gris des grands nuages
Vivantes bêtes volant bas
Le jour s'est frayé un passage
En secret.

Qu'il était tôt, ce matin-là !
Dans tout le gris des hautes barres
Morne tombe où sonne le glas
Le jour venait sans crier gare
Réveiller.

La terre givrée, comme morte,
A porté cet éclat nouveau
Et l'a poussé, de porte en porte,
Jusqu'à la frontière des eaux
Écumées.

Les routes strictes de la ville
Portaient déjà un long réseau
De voitures roulant en file
Jusques aux portes des bureaux
Enfermés.

Le ciel immense de l'aurore
Effilant ses bas de coton,
Se pare de pourpre et des ors
Des mille teintes des saisons
Allumées.

Le sein dénudé de l'aurore
Effilant ses bas cotonneux
Se pare d'avions au grand corps
Qui zèbrent violemment les cieux
Aveuglés.

Écoute, que dit le silence ?
Il raconte le bout du monde
Il parle de chants et de danses
Qu'il mêle ensemble dans sa ronde
Endiablée.

Écoute, que dit tout ce bruit ?
C'est un nœud de sons vides et creux
Il n'a pas de forme, c'est un cri
De peur et de gens malheureux
Qui veulent dormir.


Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 00:40




Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 19:36
Comment s'en est sorti notre bonhomme avec sa mission providentielle, me demandez-vous ? Eh bien, écoutez, je vais vous conter la suite.

Il prit l'oeuf en sa main large et paternelle, déjà, se leva du lieu qui accueillit précédemment son séant ainsi que le reste de sa personne reposant, et rentra chez lui, muni du petit bout de vie emballé dans sa coquille tiède. Il se débrouilla, l'homme, comme il put, pour en apprendre un rayon sur la maintenance des oeufs d'oiseau. Il passa des semaines dans son lit, sans bouger, le brave homme, pour lui conserver sa chaleur indispensable. Il était si zélé qu'il aurait bien pu passer ainsi le reste de sa vie, le courageux homme, si l'oeuf avait tardé à éclore. Mais, merci pour lui, un jour, ça bougea. Ca craqua, ça se zébra, ça gratta, et pouf ! ça sortit magiquement en éparpillant plein de débris de coquille silicieuse entre les draps. ça piailla bien, après, en découvrant sa mère, qui était un père plutôt épuisé par sa longue gestation. Et ça réclama de l'aide : c'était coincé dans le reste de coquille. Le maman l'aida tant bien que mal à briser sa prison, et le prit entre ses deux paumes, le souleva au niveau de son visage rayonnant de fierté et de tendresse ( des semaines de sacrifice de soi, même si le sacrifice consiste à rester couché dans un lit, cela crée des liens ), et lui adressa la parole en ces termes : "bonjour bébé". Il put alors enfin se lever, et pallier à ses nécessaires besoins d'être vivant. ça l'accompagnait toujours partout, où qu'il aille, quoiqu'il fasse. Mais ça ne comprenait pas comment bien se nourrir, sans véritable exemple. Alors, son maman l'aida, il lui montra comment faire pour gratter le sol, chercher des vers et des grains du bout du bec, comment se rouler dans la poussière pour nettoyer son plumage, et comment prendre la fuite devant un chien.
( NDR *euh, il dit qu'il voit pas le rapport...
- Laisse, les gens sont prévenus
. )

Le temps passant, ça grandit. Et ça devint un joli poulet, fier et vif, aux plumes éclatantes de santé, à l'oeil brillant et aux ergots haut placés. Et il grandit encore, épaulé chaque jour de sa jeune vie galinacéenne par son mère, attentionné et aimant, dévoué. Puis vint le jour où le poulet devint coq, et il put rejoindre une basse cour peuplée des siens (et surtout des siennes ). Grâce aux soins de maman, il sut s'habituer à son nouveau cadre de vie, chanter tous les matins, augmenter la population locale, veiller au grain comme aucun coq depuis longtemps ne l'avait plus fait. Bien sûr, la séparation ne se fit pas sans larmes. Jamais sa vie ne fut plus comme avant l'arrivée de ça, puis de lui. Il était devenu autre, mais c'était comme ça.

Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 22:14
Bien le bonjour, amis voyageurs et fidèles hôtes ! Voici ce jour le début d'un texte parmi les plus pittoresques de mon disque dur. En espérant qu'il vous plaise ! bien à vous,
                                                                                                                                                                                                   Noune.



Il était paisiblement endormi au soleil, c'était l'heure de la sieste, quand un objet insolite tomba directement sur ses genoux. Un oeuf. Mais pas n'importe lequel, non, pas un de ces oeufs anonymes rangés égalitairement dans des boîtes de carton bleu ou gris, pas un de ces oeufs datés du jour de ponte, comme il est écrit sur lesdites boîtes. Cet oeuf-là était bien vivant, on sentait qu'il avait quelque chose de véritable. Un vrai oeuf, doté d'une identité remarquable. Un oeuf de poule, sans aucun doute, avec sa coquille d'un beige reconnaissable et sa taille adéquate ; si cet oeuf avait été un oeuf de supermarché, on l'aurait désigné sous l'appelation d' "oeuf de taille moyenne".
Or donc, il se retrouva du jour au lendemain à la charge d'un oeuf, qu'une inconnue lui avait abandonné. Pensez donc si il était embarrassé, lui qui n'avait seulement jamais élevé un chien ! Qu'allait-il bien pouvoir faire de cette jeune vie, si soudainement déposée sur ses genoux, laissée avec tant d'insouciance à un homme dont assurément l'on ne savait rien, sinon peut-être qu'il appréciait de faire la sieste au soleil un dimanche après-midi, comme tant d'autres individus parcourant la planète et le temps, individuellement, indéfiniement, et même insimultanément ?
Pourquoi donc l'avait-on, lui, plutôt qu'un de ces autres, investi de cette lourde tâche, à savoir, prendre soin de cet oeuf ? Lui qui ne connaissait rien non plus qu'aux hommes ou aux chien, des oiseaux. Tout juste si, fort de son expérience culinaire, il avait reconnu la nature de celle qui l'avait créé (l'oeuf, pas lui, qui savait parfaitement qui étaient ses parents, et se rendait bien compte de leur irréversible humanité ). Mais toute une réflexion ne put lui apporter la réponse à ses questions. Bien sûr, il aurait très bien pu le laisser là, tout bonnement, ou bien décider d'en faire son dîner. Mais on n'envisage pas telles monstruosités irresponsables lorsqu'on est un homme comme lui. Peut être le choix de ses genoux n'était-il pas si hasardeux que cela, après tout. Peut-être était-il bien connu pour sa bonhommie, mot qui d'ailleurs lui avait déjà maintes fois été attribué, sans qu'il le sache. Il avait trop de scrupules pour oser réduire à néant la confiance qu'on lui accordait en le désignant comme tuteur. Il finit par prendre une bonne décision, en homme d'expérience qu'il était.
Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 19:55
Salutations les loulous ! aujourd hui, je dois vous présenter mon co-auteur, Moimême. Dis bonjour, Moimême !
-'lut...
    Bon. Comme vous pouvez le constater, Moimême n'est pas très bavard, ni très acueillant ; c'est d'ailleurs pour cela que nous avons décidé que je serais vôtre hôte dévouée. Mais c'est lui qui fournit toutes les images, et afin de mieux cerner le personnage, voici un petit échantillon de ses productions.





















Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 19:51
Bonjour bonjour ! voilà du nouveau pour vos petites fenêtres cillées, même si ça date un tout petit peu, pour ne vous rien cacher.


Voilà bien ma chance. Enfin, j'avais ce rendez-vous à la noix que j'attendais depuis...Oh, des lustres, et il a fallu que ce soit aujourd hui. Aujourd hui , le jour de ma mort. Zut ! Si j'avais su, je l'aurais envoyé se faire mettre, l'autre abruti avec son costard cravate à deux balles de chez La Redoute. Trois mois que je l'attendais. Trois mois que je joue les lèche-bottes pour ce minable rendez-vous raté pour cause de décès. Et le pire dans cette histoire, c'est que toute ma vie n'a été composée que de ça : des rendez-vous, ratés ou non, quelle différence. Rien pendant 27 longues années, qui auraient pu être si riches si seulement. Mais non : « plus tard, j'aurais les moyens de faire ceci, plus tard j'aurais le temps ». La belle affaire ! Ça c'est sûr, maintenant j'ai le temps. L'éternité, il paraît. Pour profiter de mon corps mort - enfin, même si je pouvais encore l'occuper, avec ces tonnes de camion sur le bide, je vous demande un peu, j'aurais l'air coincé-, pour visiter un monde dont je ne fais plus partie, manifestement, pour apporter ma contribution au vaste bordel ambiant que forment des milliards d'êtres humains vivants sur terre, enfin les pauvres ont autant conscience de leur immortalité que moi à leur âge. N'importe lequel. Sauf quelques exceptions qui comprennent qu'ils ont intérêt à boire la soupe tant qu'elle est chaude parce que tout ça ne dure que le temps d'une vie, et c'est assez ridicule, une vie, en matière de temps. Surtout vu d'ici. Pensez, je me souviens de tout ! Même de ma naissance. De la tronche du médecin (enfin à l'époque il était catalogué dans la section « emmerdeurs », c'est vous dire si les hommes sont conditionnés dès leur plus jeune âge à vivre avec les autres) ; de celle de ma mère. Tiens, au fait, comment elle va, la mère ? Eh ben. C'est pas brillant, tout ça. Elle pleure. Comme quand je suis né, remarquez. En gros, la vie c'est une longue suite de deuils de différente nature. Deuil de son enfance. De son chien. De sa grand-mère. Deuil de ses vieilles fringues. De son ancienne maison. Deuil de l'année précédente -d'où le nouvel an. Deuil de son célibat. Ça me rappelle ma première liaison amoureuse. J'ai été mal fichu pendant au moins deux semaines. Deuil de son statut de femme pour passer à celui de mère. Deuil de son rôle de mère. Quand on enterre un proche,c'est une partie de soi qu'on enterre avec. Une fonction sociale, en quelque sorte. Et plus la fonction a d'importance dans la vie, plus il est dur d'en faire le deuil.
La mort rend froid. Et pas seulement côté viande, je peux vous l'assurer. On voit tout d'un oeil indifférent et aiguisé, comme le mélange d'un regard de vache avec le profil du TGV sur lequel il se fixe. En attendant, on s'ennuie, par ici. Bizarre, il n'y a personne. Pourtant c'est pas les morts qui manquent, d'après le journal télé. Alors, ils sont où les autres ? Peut-être qu'à force de réfléchir avec son âme on devient hermétique aux autres ; la perception s'atténue. Peut être qu'en ce moment je marche sur quelqu'un, ou l'inverse. Et on est seulement pas fichus de se voir. Parce que l'âme des autres est incompréhensible, et invisible. J'ai déjà eu du mal faire ma connaissance... Dommage. Encore plus seul mort que vivant, pas drôle. Le paradis n'est qu'une vaste blague. Vivement le jugement dernier, je sens que ça va être long jusque là.

Quelle vie !
Repost 0
Published by Noune
commenter cet article
17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 20:41
Allez, on commence fort, avec une petite série de descriptions issues de la réalité la plus pure, histoire de vous mettre dans le bain.

Je croise parfois dans ces lieux de passage que sont les transports en commun, où les Hommes n'en sont pas vraiment, mais plutôt des éléments de décor ou des fantômes anonymes et silencieux, des personnes qui se détachent s
ur ce fond neutre, qui accrochent la conscience comme une minuscule excroissance accroche la soie.
Une grande femme coiffée d'une toque de fourrure est assise à côté de moi. Concentrée, grave, elle lit un magazine. Un article sur le cancer.

Un vieil homme est assis, dans le métro. Il est prognate, et porte fièrement un certain nombre de dents argentées. Il est impressionnant de vieillesse, on pourrait compter son âge au nombre de ses rides. Je suis moins sûre qu'on pourrait le faire au nombre de ses cheveux. Le métro s'arrête, l'homme se déplie d'un coup, et d'un pas leste, il enjambe agilement un sac qui trainait là, avant de disparaître.

Un jeune homme en noir est dans le métro, il ressemble vaguement à un assassin, avec ses gants. Nous descendons au même arrêt, et j'entends qu'il prend le même trajet que moi. Il cherche un moment son chemin, et nous parlons. Nous avons partagé pendant quelques instants éphémères la même vie de bohême improvisée, dans le RER qui nous menait par le même rail à des destinées différentes.

Une jeune femme au passage piéton gazouille "vite, vite !", un sourire jubilatoire de gamine dans la voix, pour la petite fille qu'elle tient par la main. Ce mot léger volette joyeusement dans l'air, juste au dessus des têtes qui traversent, se hâtant. Ses pépiements de linotte respirent la joie et chassent l'essaim de mouches qui m'étouffent en ce début de janvier.

Dans la rue, au coucher d'un soleil de début septembre, un grand garçon déguingandé, cuir noir, piercings, cheveux gelés et démarche de vautour, éctoue Hiro de la luna sur son portable en promenant un chien qui tient plus de la peluche que de l'animal, par sa taille et l'aspect duveteux de ses poils.

Repost 0
Published by Noune
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Noune
  • Le blog de Noune
  • : c'est un blog qui servira de recueil de textes, photos, dessins peut être, et qui vivra verra comment ça tournera... et il y aura des yeux, aussi.
  • Contact

Recherche

Liens